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Agnès
 
EPISODE 1: Vendredi ou la vie sauvage - 19-09-2007 à 03:03
Mon cher Florent, Je t’en voulais à mort de nous faire faux bond à la dernière minute pour un lumbago mais finalement samedi soir vers 19h53, après 3h de sentier noir à la nuit tombée à évoluer à quatre pattes (plus proche de la salamandre bourrée que de Lara Croft), sans frontale, dans un environnement hostile entourée de phacochères agressifs et piquée au front par une mygale géante, moulée sur un bout de rocher glissant à avec 450m de dénivelé sous les fesses serrées, lestée de 30 kilos de lingettes et de barres spécial K aux fruits rouges, en train de mordre mon top petit bateau, de pleurer ma mère et de pourrir le guide (qui ne me connaissait pas encore) qui venait de m’annoncer pour me rassurer avec son sempiternel cheveu sur la langue qu’il ne restait plus qu’une petite heure de marche soutenue pour atteindre le camp de base, je me suis dit à cet instant là que c’était peut-être un weekend un peu engagé pour un grand patron de la Pub un peu fatigué. Ce weekend avait pourtant commencé très soft : levés tôt avec pour certain(e)s (ils/elles se reconnaîtront) les yeux d’une taille proche de certains orifices naturels, mais pleins d’allant et ravis de joindre les joies de la promenade bucolique et des chaudes nuits étoilées au plaisir de la grimpe. Le trajet nous a donné l’occasion de découvrir les nouveaux venus et de constater que le recrutement chez Montagne Pub est devenu très pointu : finie l’époque où les petites bourges arrivaient à la gare flanquées de Delsey XXL remplies de la dernière collection Zadig et Voltaire, de soutifs push-up, de strings techniques tailles basses et de trousses de toilette plus grosses que les sacs du Samu (et qui te racontent que c’est le tube d’arnica qui prend de la place) avec pour seule expérience de la rando engagée le premier jour des soldes d’hiver à ratisser le rayon chaussures du Printemps en moins de 2h et pour seule expérience de la vie en communauté une douche hebdomadaire prise au Club Med Gym avec dix pétasses lectrices de Marie-Pouf et Cosmopolitarte. Nous avons découvert quatre super gonzesses et deux bogosses ultra affûtés : Cécile (dite la Fourmi : marathonwoman de 45 kilos de muscles qui peut porter trois fois son poids sur 4h de rando sans broncher, mettant très en valeur la dernière collection Adidas Stella Mac Cartney qu’elle arborait fièrement devant l’Esprit et qui chez Ubisoft je cite : « je dirige le Droit ». On la soupçonne par ailleurs d’être la fille illégitime de Tabarly), Mélanie (1h02 aux derniers 20km de Paris, nightclubbeuse célebrissime de Formentera, championne internationale de Uno, addict des soins anti-âge restructurants de Chanel qui marchent car on lui donne vingt ans max), Céline (ex championne de GRS de Nancy, ceinture noire de Capoera, médaille d’or du 300m nage libre en Erès rose en mer peu agitée, très copine avec la mafia des marchands de chouchous de Cassis), Nathalie (championne d’escalade, médaille d’or en dévers sur une seule main en moins de trois minutes chrono, championne du monde de la bonne humeur en milieu hostile et méritante compagne de Pierre) Guillaume (champion de Paris 7 de hockey sur quads, responsable chez Ogilvy d’une étude sur l’introduction du yahourt sveltesse en montagne et de son impact sur la thermogénèse et la réduction de la cellulite endogène des blondes de 25 à 35 ans, équipé techno pour le weekend de tout et en tout petit :mini-sac, mini frontale, mini lingette, mini couteau, mini slip) et Alexandre (3ème Dan de méditation danoise sur tapis de sol, champion pan-européen du lancer de serveur IBM, sherpa porteur de cordes dans une vie antérieure, sociologue critique chez Ogilvy, spécialiste du naturalisme poétique dans le cinéma français des années 30 à 60). Leurs six dossiers avaient été retenus par Laurent sur deux cents candidatures au terme d’un process de sélection impitoyable sur les trois derniers mois. Nous étions arrivés avec la traditionnelle demi-heure de retard en gare de Marseille : José Beauvais ayant appris notre retour a tenté de bloquer notre prise des Calanques en s’allongeant sur les voies. Cela nous a laissé le temps d’échanger un peu sur nos dernières expériences (Pierre : « tu vois ce truc que tu manges dans l’espace, c’est comme une glace mais c’est chaud ») ou de s’informer sur le weekend (Maÿlis : « les Calanques c’est à quelle altitude ? ») Un des deux guides s’était fait porter pâle (soi-disant hospitalisé la veille mais il avait dû apprendre à la réunion des guides du lundi matin que je faisais partie du groupe et il a préféré renoncer à ses 500€ HT jour) ; ne restait plus que Jérôme un peu déconcerté devant notre très forte réticence à revoir le programme et à aller faire plouf Aquaboulevard ou pique-niquer à Centerparcs à la place du programme initial. Il a rapidement compris que nous n’étions pas les tordus parisiens qu’il soupçonnait et, une fois rejoints par l’Esprit qui arrivait direct d’Amsterdam, un peu énervé par une pétasse d’hôtesse de KLM qui a refusé de lui donner un troisième plateau repas et du schnaps, les anciens de Montagne Pub (nos zomanous : Hugo, Pierre, Ricardo, Jean-Lin, Bruno ont pris la direction des opérations : petite rando, pose de 8 voies en trente minutes et zou en avant la première séance de grimpe. C’est là qu’on a vu que le nouveau mode de recrutement était vraiment extrême : les nouveaux passant du 6A en tête avec une seule séance de présélection à murmur (la dernière épreuve sous l’égide de Laurent avant de pouvoir prétendre devenir membre). Montagne Pub c’est aussi ça : décaler le weekend d’une semaine pour que je puisse profiter d’une météo sur-mesure et bronzer tout en coachant mes camarades la bouche pleine de jambon et d’ovomaltine : soleil au zénith, 30° sur la paroi, je ne sais pas Florent si ta peau fragile aurait supporté. En fin d’après-midi, les super gonzesses (anciennes et nouvelles) ont sorti les Erès, les garçons ont gonflé les pectoraux et les speedos et nous avons achevé cette journée par deux kilomètres de papillon et dos crawlé pour détendre nos bras fourbus, suivis d’un gommage sur les galets et de la pose d’un maque hydratant au coulommiers. Maÿlis, en fidèle James Bond girl, orchestrait les ablutions et prenait la pose avec Nathalie pour Pierre, qui, depuis qu’il a démissionné de Voici, recycle son matériel de paparazzi en montagne revend les photos de Nathalie pour arrondir ses fins de mois. Dîner sur la plage où Guillaume déployait sous les yeux admiratifs de Mélanie les différents éléments de son micro-matos technique dans lequel il avait investi pour le weekend, qu’il a complété d’un « Mélanie, si tu aimes les choses de petite taille, j’ai encore quelque chose à te montrer ! ». Je ne sais pas si cette approche s’est avérée payante pour notre strategic planner. Le camp de base établi en bord de mer, j’ai découvert pour la première fois en 35 ans les joies du bivouac. Je croyais connaître car j’ai dormi dans la tente avec mon cousin à Trégastel dans le jardin en juillet 83 mais avec Montagne Pub c’est différent : tapis de sol inefficace face au refus de l’environnement de s’adapter à mes contraintes corporelles : caillasse dans les reins, inclinaison du sol contraire à mon retour veineux, bruits de la mer et du vent en mega-bass, ronflements d’un de nos zomanous auquel n’a pas resisté ma tente (mais ce n’était pas l’Esprit, eh non !), absence totale de régulation thermique dans mon sac à viande, latrines peu accessibles dans les ronces. Au réveil, le dos brisé, les plis de ma gore-tex imprimés dans la tronche, les cheveux gluants, le côté « weekend nature et séduction » avait totalement disparu et ce n’était qu’un avant-goût de la journée, une journée pas comme les autres…Mais je te laisse car j’ai du boulot et te raconterai la suite demain ! Gros bisous Agnès (même pas peur !)

agnes.delamare
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Richard
 
Re:EPISODE 1: Vendredi ou la vie sauvage - 19-09-2007 à 03:04
Un jour, probablement endormi par une reunion inutile de plus, et dans un understatement que la plus mijoree des mummies de Sa Majeste aurait releve en moins de temps qu'il lui en faut pour s'outrecuider des dernieres singeries de William, un jour donc, j'ai qualifie la plume de Mademoselle Agnes de post Hugolienne, retro Ajarienne avec une influence Flaubertesque ou Chabrolienne, ce qui veut dire la meme chose, dans son approche detachee, plutot que pessimiste, de la vanite de notre existence et de la vacuite des circonstances qui la regissent.

Aujourd'hui, je me rends compte de la petitesse de ce jugement.
Si l'on veut trouver trace en literrature d'observateurs de notre humanite arrivant a la cheville de Melle Agnes il faudrait probablement fusionner l'epique d'Homere, la largeur du champ d'observation de la Comedie Humaine de notre cher Honore, le pointillisme de St Simon, quelques fables de La Fontaine, la lucidite du desespoir de Dostoievski et le long voyage de 100 auteurs russes.
Non Agnes, ne publie pas en France, d'ailleurs regarde, L'Academie a rate tous tes suce-cites predecesseurs. Il n'y a qu'aux USA que tu trouveras des editeurs assez courageux pour t'editer et c'est en Russie que t'attendent ces millions d'ames qui savant ce que lire veut dire, lorsqu'un chapitre a lui seul te mene de Kiev a Vladivodstock.

Merci, M.A. Delamare pour ce Tsunami de bravoure montagnesque. Florent mettait ce we sous le signe de Roland et de la geste. Tu as releve le defi en etant a la fois notre herault, sa plume et notre Gutemberg. Avant toi nous echangions des mails. Maintenant nous avons la bible, la torah et le coran a la fois.
Nous permettras-tu, chere Agnes, lors de soirees fievreuse en nos chaumieres, de lire tes oeuvres a nos enfants afin de ramener la paix dans nos foyers et d'edifier nos tetes blondes ?

Les mecs (and girls) prenez votre après midi de demain : aujourd'hui Agnes avait plein de boulot et ne devait pas ecrire !

R
Richard.Hullin
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Florent
 
Re:EPISODE 1: Vendredi ou la vie sauvage - 19-09-2007 à 03:04
Well

C'est quoi ce raid de fiottes???? Avec des mecs a poil les fesses a l'air , mais nous sommes ou !!!

Hugo je veux un rapport
Richard me dit pas que le mec affute comme une lame en train de faire un concours de quequettes avec d'autres gonz avec des filles en train de prendre des photos..... C'etait pas toi richard?? Pas toi l'ESPRIT ?? Pas toi mon VP?? Pas toi ....

Merde alors.....
florent.sallard
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Richard
 
Re:EPISODE 1: Vendredi ou la vie sauvage - 19-09-2007 à 03:05
Oui, Florent, je dus me resoudre a prendre ce cliche afin de te rendre compte des abominations que nous eumes a subir lors de notre raid. Compagnon de route depuis tant d'annees, tu t'imagines bien qu'aucun de nous ne figure sur ces clichés, et moi de facon plus improbable encore puisque c'est moi qui pris TOUTES les photos de notre campagne.
Je peux t'assurer qu'a aucun moment de ces 3 jours nos hommes n'ont quitte leur treillis reglementaire ni les camouflages dont leur peau etait entierement couverte.
Tu verras egalement sur quelques clichés que des filles denudees nous furent envoyees afin de tester notre resistence mentale ; pour te dire a quel point nos ennemis communistes niakoues homosexuels usent de methodes ignobles. Nous reussimes a retourner ces traitresses de la facon la plus propre et elles percurent a leur tour la tenue reglementaire. En revanche nous avons epargne sur le camouflage car l'ennemi les avait affublees de materiels inconnus de nos services : Gloss et Cremdejuhr, qui egalent notre technologie.
Ainsi renforces et après un rapide briefing avec un eclaireur indigene nous partimes a l'assaut des premieres falaises que nous enlevames sans coup ferir des les premieres heures du jour.
La troupe s'etant montree exemplaire dans tous les compartiments du combat je commis la faiblesse d'autoriser un rapide raffraichissement, suivi d'un repas frugal et d'un bivouac rapide. Faiblesse don't j'eus finalement a me louer plus tard comme tu verras ceans.
Le lendemain fut une journee sans histoire ou chacun de nos hommes se montra a son meileur dans l'assaut de toutes ces falaises. Il faut croire que l'ennemi felon dut renoncer devant tant d'allant car de resistance nous n'en rencontrames point avant le crepuscule. Capoue nous menacant, j'arrangeai avec notre indigene une marche forcee afin de joindre notre prochain objectif tout en remobilisant la troupe. Un bonne suee avouons-le, la chance fit qu'aucun officier superieur ne put temoigner de cet exercice car ces rats de bureau m'auraient blame pour cruaute envers nos hommes. Mais ces vaillants, ces braves, loin de blamer leur chef, et malgre les premieres pertes que nous dumes essuyer, redoublerent d'heroisme. Et ils etaient beaux a voir dans l'effort tu peux me croire, aureoles de fierte, de noblesse et de nouvelle gloire. A la nuit et sous couvert d'une brume epaisse et bienvenue, nous arrachames la derniere place forte que l'ennemi tenait encore. Apres de minables palabres afin de couvrir leur honte, les troupes derisoires qui nous faisaient si piteusement opposition, durent rendre le peu d'arme qui leur restait encore et nous demander grace. Magnanimes, nous leur laissames la fuite, cette disgrace si puissante qu'elle tue un ennemi plus surement que la mort.
La suite n'est que succession de triomphes. Apres des libations auxquelles nos hommes se livrerent bien naturellement, mais sans qu'aucune vierge soit sacrifiee, nous entrames sur l'objectif en colonne magistrale et ce fut sous les vivats de la foule que nous enlevames Envaux puis Cassis.
Florent, mon frere d'arme, ne ris point si je t'avoue que c'est la larme a l'oeil que je dus prendre conge, un a un, des ces formidables guerriers, au moment de les renvoyer en leurs casernements et de te les confier pour de prochains campements. Ils sont a eux seuls un spectacle d'une telle beaute que peu d'ames se targuent d'avoir rencontree. Et des demain si tu le veux encore , ils sont aptes a defier toutes et tous en des terrains plus forts. Ils sont aimables ma foi, et je les aime, cher frere, comme nous aimons l'effort. Recois-les, je te prie, avec les honneurs dus a ceux qui ont vecu bien car ils ont bien vaincu.
A te voir prochainement en nos plates terres.
Ton tres devoue, et eternel
R

Richard.Hullin
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Florent
 
Re:EPISODE 1: Vendredi ou la vie sauvage - 19-09-2007 à 03:05
bon ben si vraiment c'était comme ça alors, bon ,la , je veux bien , c'est dans l'esprit.

deux minutes , j'ai pensé que t'avais passé l'arme à gauche , voir cette photo.......dans le plus simple appareil.... ces filles......les chansons...... mais bon si c'est de le propagande de bolcho ça me rassure( putain au niveau des retouches c'est quand m^me dingue, ils ont du top matos en labo parceque franchement t'es vraiment à poil...on ne voit pas le moindre treillis)

bref , c'était donc un songe , un cauchemar.

Tout va bien , la sueur épargne toujours le sang, il y a des larmes et du corn beef et des rations de survie, les garçons sont des hommes , les filles sont aussi des hommes, tout le monde à 30Kg dans le sac, il y a pas de tenue avec des couleurs .

parceque pour rien te cacher.....la dépose en hélico du week ski c'était horrible ( j'ai du prendre 4 jours de repos en stage commando à toulouse avec les paras du 1er RIMA pour pour m'en remettre).

bien Montagnepub est dans l'axe " raçe d'aiglon , jamais vassal" et ton mail me fait du bien.

florent.sallard
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Canal Historique
 
Re:EPISODE 1: Vendredi ou la vie sauvage - 22-11-2007 à 22:28
Ca nous réveille tout le Canal Historique ces joutes verbeuses sur le pourquoi du comment qu'c'était joli
le week-end en collants et chaussons !!

Pas besoin d'en faire un fromage, c'est qu'une histoire de papattes trempées dans la petite sacoche à farine pour aller ramasser les jolis coquelicots dans les failles du rocher, et montrer à ses petits camarades qu'on aime bien la poistion fleur de lotus...

Ce qui compte c'est ce que montrent les jambes, ce qu'elles endurent, ce qu'elles absorbent et ce qu'elles soutiennent quand elles avalent les Km.
Nous on fait pas "la rando sur les mains" (on veut pas se cassser un ongle...) avec en point de mire le fion de la fiotte de devant sur le nez !

MP Canal Historique.
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