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Agnès
 
Retour d'Argentière - 29-09-2007 à 02:24
Mon cher Richard,

Je regrette que tu n'aies pas pu être des nôtres sur ce weekend très cool. L'ambiance s'est installée dès le départ gare d'Austerlitz. Ton frangin (le Hullin-qui-parle) a baissé son pantalon devant Maÿlis, Florent et moi pour montrer son nouveau caleçon à la norme NF (qui-tue-pas-l'amour) version noir-moulant. Après validation par Maÿlis du respect des caractéristiques techniques exigées pour ce type de couche, Pierre a été admis à bord et le train a pu partir. Arrivés à l'ATC nous avons été répartis par le manitou des guides Michel (dit Mimi l'Ancien) en deux groupes de niveaux différents: le groupe des Tortues Ninja qui sont parties avec Christophe (le baba cool de y'a deux ans) et Guirec (un breton qui est devenu guide parce qu'il avait le mal de mer) et nous le groupe des Poulettes (qui veulent pas trop marcher et pouvoir couiner). Nous autres les Poulettes (Maÿlis, Amandine, Alix, Séverine et moi) sommes parties avec deux aspirants guides new-generation à savoir Benoît (genre Brad Pitt savoyard qui sourit tout le temps) et Bruno (Antonio Banderas sans les poils et beaucoup plus gentil). Les guides new-generation sont jeunes, ont de la conversation, sont aux petits oignons avec les Poulettes de sexe féminin, super sérieux avec la sécurité et hyper patients avec les bavardes ! Antoine (super-révérend-père) a rejoint le groupe des Poulettes en sa qualité d'Intouchable et Alexis aussi (exceptionnellement parce qu'il est nouveau, que c'est un ami du Président-Adoré et partenaire de Montagne Pub). Marc est venu avec nous mais en mission de surveillance (le plan Poulettes + Prêtre isolé + Super-Guides ça sentait les ennuis à plein nez !) mais il a dû se demander ce qu'il fichait là. Le premier jour nous avons été sages, même moi car j'avais des guides new-generation et un petit stock de chatons que m'avait acheté Florence pour que je parle ne pas trop. Du coup j'ai tracé sur la glace sans broncher comme les autres et j'ai même obéi une fois ou deux quand il fallait garder son casque sur la tête ou écouter des conseils. Alexis, qui avait pourtant l'air d'un homme respectable (trois mômes et un job à Courrier International c'est très respectable) n'a pas bien saisi le truc de la cascade de glace à savoir que quand tu grimpes avec des crampons et des piolets a priori tu redescends avec le matériel. Lui, quand il a fini sa première longueur, il a laissé ses piolets planté en haut dans la glace et est redescendu tout content de lui: "ayé, j'ai fini !". Pourtant il avait l'air d'aimer le matériel car il portait ses chaussures de cascade oranges depuis la Haute Route, c'est à dire depuis jeudi soir et a dormi avec dans le train. Maÿlis a collé la honte à tout le groupe en finissant par une ascension de la plus longue voie de la journée sans piolets pour montrer que "tout est dans les jambes" (Alexis avait grave les boules). Le soir à l'ATC c'était un peu nul parce qu'on n'a pas eu de crozets à manger mais seulement des pâtes en plâtre de Paris avec du gruyère rapant mais on avait les crocs à mort (surtout Pierre et Antoine qui vraisemblablement attendent les weekends MP pour se nourrir correctement). Pendant que les Poulettes se marraient avec Brad et Antonio, le groupe des Tortues Ninja en a un peu chié: marche paisible d'approche selon les critères de Virginie Gretz à savoir deux heures de rando sur une pente à 95° par -15° avec 30 kg de Kinder Maxis sur le dos puis parois en dévers et attaques de grizzlis. Pierre et Florence ont laissé quelques doigts sur la route je crois. A table, Florent a vanné Hugo toute la soirée sur son manque de résistance mais il paraît que le Président a mordu son australien de Dim le lendemain. Pourtant il était en forme car il nous a parlé en anglais avec deux nouveaux mots (dont "forouarde un mèle" ce qui nous change de "Aïe propoz eutoste"). Le deuxième jour Marc et Maÿlis ont rejoint le groupe des Tortues Ninja et nous sommes restées entre vraies Poulettes avec Antoine et Alexis. Ce dernier, pour expier sa faute d'avoir laissé les piolets dans la paroi la veille, a attaqué sa nouvelle journée avec un petit handicap: il a jeté un de ses gants dès la première longueur pour faire les longueurs suivantes les doigts plus au frais. Ah oui, ça caillait à mort et même ma gore-tex-de-la-mort-qui-tue sur 5 couches de polaires était limite. Seul Antoine a tenu le choc thermique; outre son appétit féroce lui permettant de stocker les acides gras en sous-couche, Dieu l'a doté d'une pillosité à faire pâlir Mondial Moquette (je sais, je l'ai côtoyé en slip au weekend de canyoning) et sur la paroi, il assure grâââââve le Très-Révérend-Père ! Je crois qu'il tentait par la cascade une arrivée directe au Paradis sans passer par les 50 ans de cantine dégueu et paillasse sans couette des Dominicains. Avec son freestyle classe selon les guides et son look, Antoine participe à repositionnement total de l'image du clergé français, en tous cas je ne regarderai plus les prêtres du même oeil ! Comme nos guides new-generation avaient estimé que nous étions devenus "aguerris", nous avons fait une longue voie et Bruno m'a laissé redescendre seule une longueur jusqu'au relais suivant et m'a confié la responsabilité de réaliser un noeud de huit en bas de ma corde, dans la boucle duquel j'étais supposée me vacher en attendant qu'il m'envoie mes camarades un par un me rejoindre. J'ai bien fait un noeud mais je n'avais pas bien compris ce qu'il entendait par "boucle", faut dire qu'il est aspirant alors il ne doit pas s'exprimer très clairement ! J'ai donc décidé de mettre mon mousqueton dans le noeud lui même qui a commencé à se défaire. Alix est arrivée et s'est vachée sur moi sur mon conseil, puis les autres sont arrivés un par un et se sont tous vachés sur mon ordre sur mon noeud coulant qui ne tenait plus rien. Quand un des guides est arrivé, il faisait une drôle de tronche à la vue de mon reste de noeud. Certes, on ne risquait pas la mort mais un bon plomb de poudreuse fourrée aux crampons. Le retour en TGV était à la mesure du weekend: le Politburo nous avait préparé un apéro dînatoire à base de chatons et saucisson arrosés de pinard et je pense que les voyageurs de la voiture 5 ont amèrement regretté de faire ce trajet avec nous. Il y a même une dame un peu sensible de la feuille qui m'a demandé de parler moins fort (comme si c'était mon genre de parler fort) sous prétexte qu'elle n'arrivait pas à se concentrer sur son Gala. Pour finir Maÿlis nous a ramené dans sa nouvelle Micra: Thomas, Florent, Hugo Alix et moi + tout le matos. Sur la banquette arrière, les cris de castra qu'on a entendus sous les valises indiquaient que Hugo se faisait "chatouiller" par Florent qui n'aime pas qu'on se moque de lui sous prétexte qu'il mange son australien dans la neige.
Voilà, tu vois, rien de particlulier en somme !
bisous

Agnès
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Retour d'Argentière
Agnès 29-09-2007 à 02:24
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Richard 29-09-2007 à 02:24
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antoinedelafayolle 29-09-2007 à 02:25